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OPEN INTERNATIONAL DE BOXE LIBRE EN BELGIQUE

Dernière mise à jour : 28 avr.


Quand le mental est testé avant même le premier combat


Il existe des compétitions où le combat commence avant même de monter sur le ring.


L’Open International de Boxe Libre de Belgique en fera désormais partie.

Vendredi soir, à 19h00, la délégation suisse quittait Saxon avec vingt combattants engagés, des coachs, des accompagnants, et surtout des mois de préparation derrière elle. Car ce que le public ne voit pas toujours, c’est l’envers du décor : les heures d’entraînement accumulées dans le dojo, les sacrifices, les blessures, les soirées passées à travailler la technique pendant que d’autres se reposent.

Certains de nos athlètes, qui rêvent de devenir professionnels, s’entraînent jusqu’à trois heures par soir, tous les jours, enchaînant ensuite avec stages et formations le week-end… tout cela en menant une vie active, souvent sur les chantiers dès l’aube.

Ce niveau d’engagement n’est pas un hobby.


C’est une vocation.

Mais à seulement 75 kilomètres de l’arrivée, à une heure du magnifique hôtel Van der Valk de Nivelles, le destin décide de tester notre détermination.

Le turbo-compresseur de notre bus de l’équipe nationale lâche brutalement.

Énorme fumée blanche.


Arrêt d’urgence sur l’autoroute.

Il est 5h30 du matin.



Les pesées et inscriptions commencent à 10h00.


Il reste environ une heure de route.

Les plus jeunes se réveillent en demandant naïvement :

« Sensei, on est arrivés ? »

Les plus grands comprennent immédiatement la gravité de la situation.

Et la vraie question tombe :

« Sensei… on va pouvoir être à l’heure pour la pesée ? »

Dans une compétition internationale, manquer la pesée signifie une seule chose :

Disqualification.

À cet instant, le stress mental dépasse largement la fatigue physique.

Premier réflexe : appeler l’organisation.

Et c’est là qu’intervient ce qui fait la grandeur de notre discipline :

La fraternité martiale.

Sous l’impulsion de Shi Han Gennaro, président de la Fédération Belge de Boxe Libre, une chaîne de solidarité exceptionnelle se met en place.

Des bénévoles se mobilisent.


Des solutions de transport sont organisées.


Le programme est retardé.

Toute la compétition apprend que :

« Les petits Suisses sont bloqués sur l’autoroute. »

Grâce au TCS / Livret ETI — que nous recommandons vivement à toute structure associative voyageant régulièrement — le dépannage est rapide :

  • assistance,

  • taxi,

  • véhicule de remplacement.

Nous arrivons finalement avec une heure de retard.

Mais au-delà de la logistique, le plus dur était ailleurs :

Mentalement.

Débarquer en urgence dans une salle déjà en effervescence…


Voir les autres délégations installées depuis longtemps…


Manquer la cérémonie d’ouverture…


Manquer la danse du dragon prévue pour lancer l’événement…

Tout ce qui fait la magie d’un grand week-end international nous avait échappé.

Quand on est organisateur, on sait le travail immense qui se cache derrière chaque détail d’un tel événement.

La frustration était réelle.

Mais dans le sport de haut niveau, une seule attitude est possible :

Profil bas.

Encaisser.


S’adapter.


Se reconcentrer.

Puis vint le moment d’entrer dans l’arène.

Deux immenses zones de tatamis avaient été installées pour accueillir les combattants.

Une organisation impressionnante, digne d’un événement international, où chaque espace respirait le sérieux, la discipline et la passion des arts martiaux.

À cet instant, malgré la fatigue, malgré le stress, malgré le retard…

Une chose devenait claire :

Le combat pouvait enfin commencer.


La logique sportive voulait que la compétition débute par la catégorie Espoirs, regroupant les plus jeunes combattants — les poussins de 5 à 7 ans, ceux qui représentent déjà l’avenir de notre discipline.

Mais les circonstances du voyage ont obligé l’organisation à faire preuve d’intelligence et d’adaptation.

Compte tenu de notre arrivée retardée et de la fatigue accumulée par les plus petits, il a été décidé de repousser les combats des poussins en début d’après-midi.

Une décision sage et humaine.

Nous avons donc commencé directement avec :

  • les catégories 8–11 ans,

  • puis les 12–14 ans,

  • avant d’enchaîner avec les 15–17 ans.

Et très vite, une réalité s’est imposée :

La Boxe Libre est une discipline d’une richesse technique exceptionnelle.

Peu de sports de combat offrent une palette aussi complète.

La Boxe Libre mélange :

  • les frappes pieds-poings,

  • les projections,

  • les saisies et préhensions,

  • le contrôle debout,

  • le travail au sol,

  • ainsi que les soumissions.

Ce qui la distingue principalement du MMA réside dans un principe fondamental :

L’interdiction de frapper un adversaire au sol.

À cela s’ajoutent des limitations temporelles strictes :

  • 5 secondes maximum en saisie debout

  • 10 secondes de travail au sol pour enfants et adolescents

  • 20 secondes pour les adultes

Cette première journée étant exclusivement consacrée aux enfants et adolescents, c’est sur eux que notre regard allait naturellement se concentrer.

Et dès les premiers affrontements, le ton fut donné.

Certains jeunes combattants présents affichaient déjà un niveau de préparation remarquable.

Technique propre.


Déplacements affûtés.


Gestion du stress impressionnante.

Nous comprenions immédiatement que le niveau international montait encore d’un cran.

De notre côté :

Aucune montée en puissance progressive possible.

Nous étions arrivés à froid.

Là où d’autres délégations étaient installées depuis longtemps, échauffées, préparées, mentalement prêtes depuis des heures…

Nous avons dû entrer dans la bataille sans transition.

Mais parfois, l’absence de temps pour réfléchir devient un avantage.

Pas de longues minutes à observer son futur adversaire.


Pas de place pour les doutes.

Cette fois :

Les adversaires étaient déjà là.


Équipés.


Prêts.


En attente devant le tatami.

Il ne restait qu’à avancer.



Le premier à entrer en lice pour la délégation suisse fut :

Guéon.

Un jeune qui vient s’entraîner régulièrement, débordant d’énergie, de caractère, et de cette intensité que certains aiment aujourd’hui cataloguer à coups de sigles modernes.

Pour nous, au dojo, la réalité est plus simple :

Ce sont avant tout des jeunes qui ont besoin de :

  • bouger,

  • se canaliser,

  • trouver un cadre.

Car comme nous le répétons souvent :

Laissez-les s’exprimer.

Le tatami est précisément cet endroit.

Un espace où l’enfant peut :

  • libérer son énergie,

  • exprimer son tempérament,

  • tester ses limites,

mais toujours dans un environnement structuré.

Et ce jour-là, Guéon a livré un combat admirable.

Face à un adversaire :

  • plus fort techniquement,

  • plus puissant physiquement.

Il n’a :

  • ni pleuré,

  • ni reculé.

Il est resté là.


Il a combattu.


Il a tout donné.

Le verdict tombe :

Défaite logique face à un adversaire supérieur ce jour-là.

Mais une défaite honorable.

Dans sa catégorie de poids, seuls deux combattants étaient engagés.

Après deux rounds de deux minutes séparés par une minute de repos :

Il s’incline avec les honneurs.

Et repart avec :

Une coupe d’argent.

Mais surtout :

Avec le respect de toute son équipe.

Car au-delà du classement, ce combat nous a donné une première indication précieuse :

Nous commencions à voir émerger l’identité de notre équipe.

Une équipe de jeunes prêts à tout donner.


Une équipe qui ne fuit pas l’adversité.


Une équipe qui comprend déjà que la victoire ne définit pas seule la valeur d’un combattant.

Parce qu’au fond :

Gagner contre plus faible n’a rien de glorieux.


Mais vaincre plus fort que soi… là commence le vrai sport.


Parmi les vingt combattants engagés ce jour-là,

trois étaient mes fils.

Et je le dis avec honnêteté :

Être l’enfant d’un sensei n’est pas un privilège.


C’est une charge.

Une responsabilité immense.

Parce qu’un sensei est observé.


Jugé.


Considéré comme un exemple.

Et automatiquement, ses enfants héritent de ce regard.

On ne leur pardonne rien.


On attend d’eux davantage.


On exige l’exemplarité.

Comme tout père, je souhaite le meilleur pour mes enfants.

Mais justement parce qu’ils sont mes enfants :

Je dois constamment trouver l’équilibre parfait.

Ne jamais faire de favoritisme.


Ne jamais les protéger davantage.


Ne jamais les traiter différemment.

Car l’enfant d’un sensei ne doit pas seulement être un combattant.

Il doit aussi être un exemple pour le groupe.

Il doit :

  • aider les autres,

  • les tirer vers le haut,

  • les encourager,

  • participer à la progression collective.




Dans un dojo :

Il n’y a pas de place pour l’égoïsme.


Avant le passage de Noé, il faut comprendre le fonctionnement particulier de cette compétition.

L’Open International de Belgique utilise un système de poules évolutives pensé pour maximiser :

  • le nombre de combats,

  • le développement des jeunes,

  • et la progression mentale des compétiteurs.

Certaines catégories dites “difficiles” — morphologiquement rares — peuvent ne compter que deux ou trois combattants.

À l’inverse :

D’autres peuvent regrouper jusqu’à vingt participants.

Le fonctionnement est le suivant :

Tous les participants débutent dans un tableau initial.

Les vainqueurs poursuivent dans :

Le tableau Élite.

Les perdants basculent dans :

La Classe B.

Deux compétitions parallèles se créent alors :

  • le tableau Élite,

  • la Classe B.

Mais ce n’est pas tout.

Le meilleur combattant de la Classe B peut ensuite être repêché pour réintégrer le tableau Élite.

Et là…

Commence le vrai test du mental.

Parce qu’imaginez :

Vous perdez.


Vous êtes rétrogradé.


Vous devez continuer.


Gagner encore.


Puis remonter tout le tableau principal.

Quand cela arrive :

Ce n’est plus seulement du sport.


C’est la naissance d’un guerrier.


Sur un autre combat de la journée, il a fallu prendre une décision qu’aucun coach — et encore moins aucun père — ne prend à la légère.

Mon épouse, présente au bord du tatami, m’a remercié d’avoir jeté l’éponge.

J’ai laissé une chance à mon fils de trouver une solution.

De remonter la pente.


D’inverser la tendance.

Mais son adversaire était simplement meilleur ce jour-là.

Supérieur :

  • techniquement,

  • morphologiquement,

  • et mentalement plus prêt.

Et cela n’a rien de dramatique.

Car tous les grands combattants ont connu la défaite.

Pour moi :

La défaite fait partie intégrante de la construction d’un combattant.

Mais encore faut-il savoir reconnaître quand continuer n’apporte plus rien.

À cet instant, j’ai compris que prolonger ce combat ne lui offrirait :

  • ni bénéfice pédagogique,

  • ni expérience utile.

Seulement :

  • plus de frustration,

  • et potentiellement une blessure.

Alors j’ai jeté l’éponge.

Et ce qui m’a marqué :

Toute la salle a applaudi.

Parce que tout le monde a compris.

Ce n’était pas abandonner.

C’était protéger.

Car oui :

Ce sont des enfants.

Notre rôle n’est pas de nier leurs émotions.

Notre rôle est de leur apprendre à les comprendre.

À leur faire saisir que :

  • la défaite fait partie du jeu,

  • on rencontrera toujours plus fort que soi,

  • et qu’il faut revenir meilleur.

Parce que :

Le vrai perdant n’est pas celui qui s’incline.


Le vrai perdant est celui qui n’ose jamais entrer dans l’aire de combat.


Cette compétition avait aussi une saveur particulière :

Mon épouse était présente.

C’était la première fois en trois ans qu’elle assistait à une compétition.

Parce qu’être la femme d’un combattant…

Puis la mère de jeunes combattants…

N’a rien d’évident.

Lors de mon dernier combat à 49 ans, revenu avec :

  • deux côtes fêlées,

  • mais aussi une ceinture de champion intercontinental,

disons simplement que :

L’accueil à la maison ne fut pas particulièrement chaleureux.

Parce qu’une mère ne voit pas le combat comme un père.

Le père voit souvent les arts martiaux comme :

  • un outil de construction,

  • un outil de discipline,

  • un outil de résilience.

La mère voit surtout :

Son enfant recevoir des coups.

Et cette peur est légitime.

C’est pourquoi :

Amener un enfant en compétition doit être une décision assumée par le couple.


Le cadre était posé.

Ma femme rassurée.

Et la journée pouvait continuer.

Petit à petit :

La tension montait.

Car je savais une chose :

Mes champions n’étaient pas encore passés.

Et pour la première fois depuis longtemps :

Je n’ai presque pas eu à “préparer” les combattants.

J’ai simplement pu coacher.

Observer.


Conseiller.


Corriger.


Accompagner.

Grâce à tout mon encadrement.


Et si cette journée a été possible dans de telles conditions, c’est aussi grâce à un élément souvent invisible pour le public :

Le travail des coachs.

Car derrière chaque combattant présent sur le tatami, il y a une équipe.

Une présence.


Une voix.


Un regard extérieur capable de :

  • corriger,

  • ajuster,

  • calmer,

  • relancer au bon moment.

Ce jour-là :

Alned, Daniel, Leone et Léo se sont énormément investis dans le coaching.

Un travail de l’ombre.

Mais essentiel.

Parce qu’un combattant n’est jamais seul.

Et parfois :

Une seule consigne donnée au bon moment peut faire basculer un combat.

Savoir :

  • gérer l’intensité,

  • adapter la stratégie,

  • trouver les mots justes entre deux rounds.

C’est cela aussi :

Le haut niveau.


Enfin, dans ce type de déplacement intense, un autre élément joue un rôle clé dans la performance :

La récupération.

Un long trajet en bus.


Une nuit de sommeil écourtée.


Des corps tendus.


Des muscles raides.

Et c’est là qu’intervient un soutien précieux :

Denise, massothérapeute présente avec l’équipe.

Par ses soins, elle permet aux combattants de :

  • relâcher les tensions musculaires,

  • préparer le corps avant l’effort,

  • optimiser la récupération entre les combats.

Dans une compétition où chaque détail compte :

Ce travail fait une réelle différence.

Car un corps détendu, préparé et équilibré :

C’est un combattant plus performant.


Mais aussi un combattant mieux protégé.

Sa présence fut :

Un véritable atout stratégique pour l’équipe.


Parmi nos jeunes engagés ce jour-là, une combattante a particulièrement marqué les esprits :

Stella.

La seule fille de notre délégation.

Et dans sa catégorie de poids :

Le constat fut malheureusement celui que connaissent encore trop souvent les jeunes combattantes :

Pas assez de filles engagées.

Comme cela arrive encore régulièrement :

Stella a dû affronter…

Des garçons.

Et Stella n’a pas reculé.

Premier combat :

Victoire.

Deuxième combat :

Défaite à très peu de points.

Mais au-delà du résultat :

Stella a prouvé quelque chose d’essentiel :

Le courage n’a pas de genre.

Ce jour-là :

Elle a gagné le respect de toute la salle.


Puis vint le tour de Junior Garcia.

Et Junior réalisa un parcours exemplaire.

Combat après combat, il s’impose.

Avec :

  • maîtrise,

  • détermination,

  • sérieux.

Il remporte tous ses affrontements.

Et décroche :

La première coupe d’or du club.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Sur la deuxième marche du podium :

Léart Salijevic.

Coupe d’argent.

Premier doublé suisse sur un podium international.




🥇 Junior Garcia – Coupe d’Or

🥈 Léart Salijevic – Coupe d’Argent



À cet instant :

Le public commence à comprendre.

La Suisse n’est pas venue en Belgique pour faire de la figuration.


À mesure que les catégories avancent, une réalité s’impose :

Plus le niveau monte, plus les risques augmentent.

Mais ce jour-là :

Un seul blessé sur toute la journée.

Une épaule déboîtée sur projection.

Un accident.

Pas une faute.


Pas une brutalité.

Seulement :

La faute à pas de chance.

Et toute la salle l’a compris.


À ce stade :

Une évidence saute aux yeux :

Le niveau belge est excellent.

Nous affrontons des écoles issues de multiples disciplines :


  • Penchak Silat

  • Kickboxing

  • Boxe Anglaise

  • Judo

  • Taekwondo

  • Sambo

  • Panantukan

  • Karaté

  • Boxe Libre

  • MMA

  • Ninjustsu


Le mélange des styles est total.

Et la Suisse tient tête.


Parmi nos jeunes engagés figurait également un talent rare :


Riad

14 ans pour 45 kilos.


Mental hors norme.

Surclassé en –55 kg faute d’adversaire.

Jusqu’à :

10 kilos d’écart potentiel.

Et pourtant :

Il avance.


Combat après combat.

Jusqu’à la finale.

Un des plus beaux combats de la journée.

Un affrontement si serré que :

Je n’aurais pas voulu être arbitre.

La décision tombe :

Victoire pour Riad.


Coupe d’or.

Mais voyant la décision extrêmement serrée :

Je propose moi-même à l’organisation :

« Regardez les vidéos.


Si vous estimez qu’il faut un extra round, faisons-le. »

Le coach adverse refuse avec classe.

Et nous nous quittons avec cette phrase :

« Dans mon cœur, mon gars a gagné.


Dans ton cœur, le tien a gagné.


Et c’est cela qui compte. »

Parce qu’au fond :

Les deux avaient gagné.

Ils avaient offert :

L’un des plus beaux combats du tournoi.


La photo du podium parle d’elle-même.

À côté de lui, certains adversaires affichaient :

  • plusieurs kilos de plus,

  • une densité physique supérieure,

  • des gabarits bien plus développés.

Et pourtant :

Riad s’est imposé.

Non pas par la force brute.

Mais par :

  • la technique,

  • la vitesse,

  • le timing,

  • le mental.

Lorsqu’un jeune parvient à vaincre plus lourd que lui :

Cela révèle un talent naturel hors norme.


Puis viennent les poussins :

Nos petits ninjas.

5 à 7 ans.

Et malgré leur jeune âge :

Ils livrent de magnifiques combats.

Tous montent sur le podium.

La relève est déjà là.


Puis reviennent les catégories adolescentes supérieures.

Et immédiatement :

Le ton change.

L’intensité monte brutalement.

Les arbitres répètent sans cesse :

« Light contact messieurs ! »


« Dernier avertissement avant disqualification ! »

Le niveau devient extrême.


C’est dans cette phase que survient ma plus grande frustration de la journée.

Léo.

Un bon combattant.


Un garçon au cœur immense.

Mais ce jour-là :

Il tombe dans le piège de son adversaire.

Répond trop fort.

Une fois de trop.

Disqualification pour coup excessivement appuyé.

Ma plus grande tristesse de la journée.

Pas parce qu’il a perdu.

Mais parce qu’il n’a pas pu exprimer son niveau réel.

Et surtout parce qu’il va se souvenir toute sa vie :

Du jour où il a perdu :

  • non par manque de talent,

  • mais par manque de maîtrise émotionnelle.

Et cela aussi :

Forge un homme.


Dans cette même poule :

Il nous reste un de mes autres fils Daniel Garcia qui est déjà champion du monde de boxe amateur a l’organisation italienne XFC et Matia Mangia technique prometteuse, potentiel immense.



A ma pus grande surprise Mattia perd son premier combat , mais je remarque un problème :

Son casque bouge sans cesse.

Je le retire.

Taille XL.

Je le regarde :

« Mathia… qu’est-ce que tu fais avec ça ? »

Il répond :

« Les autres me serrent trop… »

Je lui explique :

« Un casque doit serrer.


S’il bouge, il te déconcentre et te fait perdre. »

Il remet le bon casque.

Et là :

Tout change.

Mathia remonte tout le repêchage.

Combat après combat.

Jusqu’à atteindre la finale.

Face à Daniel.


Finale 100 % suisse, finale 100 % Black Belt Institute.

Daniel vient me voir.

Et me dit :

« Papa… tu ne vas pas être fâché si Matia gagne ? »

Parce qu’il connais, il connais la sensation qu’il a déjà gagné.


Déjà connu ce moment.

Alors que pour Matia :

C’est peut-être la première grande occasion de sa vie.

Je le regarde et lui réponds :

« Mon fils… ton cœur vaut plus que n’importe quelle coupe.


Si Matia doit avoir l’or, alors il aura l’or. »

Et c’est ce qui se passe.

🥇 Mathia Mangia – Or

🥈 Daniel Garcia – Argent


Mais Daniel reçoit en plus :

La coupe du meilleur combattant de la journée.

L’organisateur me dira :

« Je me revois en lui au même âge.

Dans ses déplacements.

Dans son attitude.

Dans son fair-play. »

Cette récompense vaut bien plus qu’une médaille.

Elle valide :

Des valeurs.


Et alors que la journée semble déjà exceptionnelle :

On m’appelle sur le tatami central.

La World Kick Boxing Federation España me remet officiellement :

Le grade de 4ème Dan de Kickboxing.

Un moment d’émotion immense.

Parce que je le dis souvent :

Une ceinture noire et des dan ne servent qu’à tenir le pantalon.

Mais lorsqu’ils sont remis par des personnes que vous respectez profondément :

Ils deviennent :

  • une reconnaissance,

  • une validation,

  • une confirmation que le chemin est juste.


Puis arrive la dernière grande séquence de la journée :

Les catégories 17 ans.

Et là :


Nous entrons dans une autre dimension.

Face à nous :

Le poulain d’Olivier Blanco, champion du monde de Boxe Libre et l’un des meilleurs coachs que je connaisse.

Autant dire :

Un client très sérieux.

Face à lui, Mohamed Mohamed, Impossible de ne pas le mentionner qui est engagé dans la même catégorie que Leon Salijevic.


Le tirage ne lui aura malheureusement pas été favorable, puisqu’il croise dès son entrée en lice le futur finaliste…


Mohamed livre malgré tout un combat courageux et appliqué, tenant tête avec détermination durant l’intégralité des deux minutes réglementaires.


Au terme du round, il s’incline par décision, mais peut sortir la tête haute d’une prestation solide face à un adversaire de très haut niveau.


Léon Salijevic, qui est notre seule chance alors de faire barrage au poulain d’Oliver Blanco.

Car notre Léon, Champion du monde amateur de MMA à l’organisation XFC de Rome malgré son jeune âge à déjà l’ambition d’un combatant d’élite.


Mental exceptionnel.

Dès les premières secondes :

Le silence se fait.

Tout le monde comprend :

Quelque chose de spécial est en train de se produire.

Le combat est magnifique.

À mes yeux :

Le plus haut niveau de Boxe Libre chez des 17 ans que j’aie vu jusqu’à présent.

Puis la décision tombe :

🥇 Léon Salijevic – Coupe d’Or

Et ce qui rend ce moment encore plus beau :

C’est que de l’autre côté du tatami :

Mon ami coach est heureux lui aussi.

Parce que son combattant a tout donné.


Parce qu’il n’y a aucune polémique.

Seulement :

Du respect.


Pour les spectateurs présents ce jour-là :

20 euros la journée.

Mais ce qu’ils ont vécu :

N’avait pas de prix.

Une journée entière de :

  • combats de très haut niveau,

  • émotions,

  • fraternité,

  • passion pure.

Et pour moi :

L’une des plus belles journées de coach de ma carrière.


Je tiens à remercier du fond du cœur :

  • Shi Han Gennaro

  • Sensei Grégory

  • Sensei Caroline

  • Toute l’équipe organisatrice

  • Tous les bénévoles

Parce qu’ils n’ont pas seulement organisé une compétition.

Ils ont créé une journée magique.

Oui.

Je peux le dire sans hésiter :

C’était le Harry Potter des sports de combat.

Une journée hors du temps.


Une journée de passion pure.


Une journée que je n’oublierai jamais.


Récapitule officiel des podiums de l’organisateur si joint



Sensei Marco Garcia Gonneau pour le 5 eme élément.







 
 
 

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