đ„ Portrait du jour Ouldabbou Adel â La transmission avant tout
- Sensei Marco Garcia Gonneau

- 21 févr.
- 4 min de lecture
DerniÚre mise à jour : 22 févr.
đ Ă La Cluse-et-Mijoux, le Team Fighting Club est portĂ© par une figure passionnĂ©e et constante : Ouldabbou Adel.
âł Depuis lâĂąge de 12 ans, il pratique les arts martiaux. Aujourdâhui ĂągĂ© de 41 ans, il est toujours compĂ©titeur. Presque trente annĂ©es dâengagement. Pas simplement dans le combat, mais dans une fidĂ©litĂ© Ă un esprit.
đŹ Quand on lui demande ce qui lâa amenĂ© vers les arts martiaux, sa rĂ©ponse est claire :« Câest lâesprit des arts martiaux. Le fair-play. Le cĂŽtĂ© humble. Et rester maĂźtre de soi. »
đ§ Ce ne sont ni les titres ni la recherche de domination qui lâont attirĂ©. Câest la maĂźtrise.MaĂźtrise du corps.MaĂźtrise des Ă©motions.MaĂźtrise de lâego.
đ Dans un monde rapide, parfois excessif, cette capacitĂ© Ă rester centrĂ© devient une force rare.
đ„ Si on lui demande sâil changerait quelque chose dans son parcours, la rĂ©ponse est immĂ©diate :« Je resterais coach 1000 fois. Transmettre, enseigner⊠câest ce qui me passionne. Je ne changerai ma place pour rien au monde. »
đ Il nây a pas de doute. Sa plus grande victoire nâest pas personnelle.
âš Quand on lui demande de fermer les yeux et de choisir un seul moment dans toute sa carriĂšre martiale, il ne parle pas de lui.« Lâobtention de la ceinture de championne du monde amateur pour lâune de mes boxeuses. Au Luxembourg. On lâa eue. Magnifique. »
đ€ Pas âelleâ.Pas âmoiâ.On.
â€ïž Le plus beau moment de sa carriĂšre est celui dâune Ă©lĂšve devenue championne du monde amateur au Luxembourg. La transmission. La fiertĂ© partagĂ©e. La rĂ©ussite collective. La plus grande victoire dâun coach reste la rĂ©ussite de son Ă©lĂšve.
đ Pour lui, le talent ne suffit pas.« La discipline, câest la premiĂšre qualitĂ©. La rigueur et lâĂ©coute. Et bien sĂ»r le respect. »
đĄ Discipline.Rigueur.Ăcoute.Respect.
Des fondations simples, mais essentielles.
đ„ Sa discipline de cĆur reste le Muay ThaĂŻ. Depuis cinq ans, il sâest Ă©galement investi dans le K-1, dĂ©rivĂ© du kickboxing. Mais son identitĂ© est claire : les sports pieds-poings. Il y voit une esthĂ©tique, une lisibilitĂ©, une beautĂ© technique.
đ Concernant lâavenir des arts martiaux en France, son regard est lucide. Les clubs devraient crĂ©er davantage de liens entre eux. Partager plus. Ne pas rester isolĂ©s. Il constate aussi que la montĂ©e en puissance du MMA a changĂ© le paysage.
đŁ Â« Chacun est libre de faire le sport quâil veut. Mais moi, ce nâest pas mon truc. »
âïž Il ne se reconnaĂźt pas dans le trash talk ni dans certains codes mĂ©diatiques actuels. Il prĂ©fĂšre la clartĂ© et la technique des disciplines pieds-poings. Un choix assumĂ©. Une fidĂ©litĂ© Ă sa voie.
Lors de cette journée organisée par Adel, la Fédération suisse MFS a franchi la frontiÚre pour rejoindre les sept autres clubs de la région Bourgogne-Franche-Comté, dans le Doubs. Une rencontre transfrontaliÚre qui illustre la dynamique actuelle des sports pieds-poings et la volonté commune de créer des liens au-delà des structures et des frontiÚres.
Parmi les clubs présents figuraient notamment le KBCS (Kickboxing Clairsoleil), club exclusivement réservé aux enfants et adolescents, représenté ce jour-là par son head coach Nohim Riad.
Le Challengers Gym, jeune club rĂ©cemment créé et engagĂ© dans la promotion des valeurs du Muay ThaĂŻ, Ă©tait Ă©galement de la partie. Le head coach prĂ©sent lors de cette rencontre Ă©tait Sokoan Prasomsouk. Le fondateur et initiateur des deux clubs, actuellement en Australie sur un gala WBC en tant que cutman, poursuit quant Ă lui son engagement Ă lâinternational.
Dâautres clubs de la rĂ©gion ont Ă©galement contribuĂ© Ă la richesse de cette journĂ©e, confirmant quâensemble, la progression est plus forte que lâisolement.
Au total, 137 athlĂštes, ĂągĂ©s de 7 Ă 68 ans, ont partagĂ© le tatami dans un esprit dâadaptation, de respect et de bienveillance remarquable.
đ€Č Ce qui a marquĂ© les esprits, câest lâambiance. Les adolescents ont tournĂ© avec les adultes. Les enfants avec les adolescents. Les diffĂ©rences de poids ont Ă©tĂ© gĂ©rĂ©es avec intelligence. Lâego est restĂ© Ă la porte. Et fait rare dans ce type de rassemblement : aucun blessĂ©.
đ « Lâego Ă©tait de cĂŽtĂ© dans la progression. Et moi, câest ce qui me plaĂźt le plus. »
đ± Voir des gĂ©nĂ©rations diffĂ©rentes partager le mĂȘme espace, apprendre les unes des autres, progresser ensemble dans le respect, voilĂ ce qui donne du sens Ă ces Ă©vĂ©nements. Tous les athlĂštes ont adorĂ© lâexpĂ©rience et ont remerciĂ© pour le dĂ©placement. Lâengagement est dĂ©jĂ pris pour revenir lors dâun prochain Ă©vĂ©nement.
đ€ Ouldabbou Adel ne suit pas les tendances. Il suit une voie. Depuis lâĂąge de 12 ans jusquâĂ aujourdâhui, compĂ©titeur Ă 41 ans, coach passionnĂ©, fier de voir ses Ă©lĂšves briller au niveau mondial, son plus grand accomplissement reste la transmission.
âš Dans un monde oĂč le spectacle prend parfois le dessus sur lâesprit, ce portrait rappelle une vĂ©ritĂ© essentielle : les modes passent, les valeurs restent.
Ce qui a particuliĂšrement marquĂ© les esprits, câest la capacitĂ© dâadaptation des combattants. Les diffĂ©rences de niveau, de taille ou dâexpĂ©rience nâont jamais Ă©tĂ© un frein, mais au contraire une richesse. Garçons contre filles, adolescents face Ă des adultes, coachs Ă©changeant avec des Ă©lĂšves, pratiquants confirmĂ©s tournant avec des dĂ©butants⊠chacun a su ajuster son engagement avec intelligence. Avant chaque Ă©change, on prenait le temps de se mettre dâaccord : en boxe thaĂŻ, en K1 ou en boxe anglaise ? En light ou en contact plus appuyĂ© ? Cette communication permanente, cette conscience du cadre et surtout cette bienveillance ont donnĂ© Ă la rencontre une dimension rare. Ce nâĂ©tait pas seulement du combat. CâĂ©tait du respect en mouvement. CâĂ©tait magique.
đ„ Et câest peut-ĂȘtre cela, le vĂ©ritable CinquiĂšme ĂlĂ©ment.
© Sensei Marco Garcia Gonneau, le 5Úme élément.

































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